Confronté à une baisse historique du niveau du barrage de la Kozah, le gouvernement togolais a rapidement déployé un plan d’action d’envergure. 25 forages sont déjà opérationnels et 150 nouveaux ouvrages en cours de réalisation.
C’est une situation que personne n’avait anticipée. Le barrage de la Kozah, qui alimente en eau potable les préfectures de la Kozah, de la Doufelgou et de la Binah depuis 1979, traverse la pire crise de son existence. Son niveau d’eau a été divisé par deux en un an, menaçant directement l’approvisionnement de milliers d’habitants.
Une sécheresse précoce aux effets dévastateurs
Le phénomène climatique qui frappe la région septentrionale du Togo depuis le début de l’année n’a rien d’ordinaire. La faible pluviométrie, particulièrement marquée en septembre, a favorisé une installation précoce de la saison sèche. Résultat : les nappes phréatiques n’ont pas eu le temps de se recharger correctement, et les réservoirs naturels d’eau se sont asséchés.
Pour le barrage de la Kozah, habitué à des conditions pluviométriques favorables avec parfois même des déversements d’eaux excédentaires, le choc est brutal. Avec seulement 8 mètres d’eau contre 16 mètres l’année dernière à la même période, l’ouvrage fonctionne aujourd’hui au ralenti, produisant 60 % de sa capacité habituelle.

Des résultats concrets déjà visibles
Les autorités n’ont pas attendu que la situation se dégrade davantage. Dès les premiers signes de tension, un programme d’urgence a été déclenché avec deux volets complémentaires.
Le premier concerne la remise en état de 50 anciens forages dans les zones semi-urbaines. Les équipes démontent les anciennes pompes à motricité humaine, soufflent les forages, réalisent des essais de pompage et installent de nouvelles conduites pour raccorder ces ouvrages au réseau. La moitié des forages ciblés sont déjà opérationnels, dont plusieurs transformés en points d’eau autonomes pour les quartiers périphériques et les zones en altitude.


Le second volet est encore plus ambitieux : 150 nouveaux forages sont en cours de réalisation. Après la phase de prospection géophysique, les travaux ont effectivement commencé. En seulement une semaine, quinze forages ont été achevés, un rythme qui témoigne de l’urgence de la situation.
Des projets structurants pour garantir l’avenir
Mais le gouvernement togolais voit plus loin que la simple gestion de crise. Plusieurs projets structurants sont déjà dans les cartons pour sécuriser durablement l’alimentation en eau de la région. Parmi eux : un nouveau barrage polyvalent à Sarakawa sur le fleuve Kara, l’exploitation de la cascade de Sara à Bafilo, et une modernisation complète du réseau de distribution.
L’autonomisation des gros consommateurs comme l’université, les hôpitaux et les casernes fait également partie du plan. Ces structures seront équipées de forages industriels propres, soulageant ainsi la pression sur le réseau principal.
L’eau, une responsabilité partagée
Face à cette crise climatique, les autorités appellent à une prise de conscience collective. Chaque goutte compte désormais. Le gaspillage, l’arrosage des jardins, le lavage des voitures et le remplissage des piscines doivent être évités pendant cette période critique.
La Société Togolaise des Eaux a mis en place un numéro vert gratuit, le 8994, pour signaler toute fuite ou anomalie sur le réseau. Car dans cette bataille contre la sécheresse, chaque citoyen a un rôle à jouer pour préserver cette ressource vitale devenue plus précieuse que jamais.

