Extrait phare du recueil « Les pleurs du bon Dieu », la nouvelle-titre imagine la vacance du pouvoir dans un pays fictif, le Pafiland, à la mort de son « homme fort ». Un récit qui, sous couvert de fiction, résonne avec les questionnements récurrents sur les successions présidentielles observées dans plusieurs pays africains.
Un pouvoir vacant et un intérim empêché
Dans les pages dévoilées par l’éditeur, on découvre Babicho, président des « honorables », appelé à assurer l’intérim présidentiel mais absent du pays au moment du décès du chef de l’État, retenu par un voyage à Paris. Un choix de succession qui, selon le texte, s’est ensuite porté sur le sein même de la famille du défunt, la postérité « surpeuplée » de ce dernier posant la délicate question du choix de l’héritier légitime.
Djona, un « métis version pafilandaise » comme symbole de réconciliation
Le récit met en scène le personnage de Djona, présenté comme le choix de consensus au sein de la fratrie, en raison de ses origines mêlant région méridionale et région du Nord – un choix présenté, dans l’extrait, comme bénéficiant également du soutien de la France, au nom d’une réconciliation nationale. Mais l’introuvable Djona, activement recherché par son demi-frère Tak à travers la capitale, cristallise les tensions et la nervosité grandissante des partisans du maintien du pouvoir dans le giron familial.
Une plume incisive au service d’une satire politique universelle
Par cette intrigue à la fois grave et teintée d’ironie, Zeus Komi Aziadouvo signe un texte qui, sans jamais nommer explicitement de pays réel, offre une lecture transposable à de nombreuses situations de succession politique observées sur le continent africain. Un ouvrage à découvrir dès à présent en librairie, disponible auprès des Éditions Baudelaire et via le réseau Hachette Distribution

