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Coup d’État au Niger : tout sur le  général Tchiani, l’homme qui a déposé  Bazoum

Le général Tchiani, commandant de la garde présidentielle et suspecté d’être impliqué dans la récente mutinerie contre le président nigérien, Mohamed Bazoum, est une personnalité controversée au sein de l’armée nigérienne, selon Jeune Afrique.

 

Depuis 2011, le général Tchiani occupe la tête de la garde présidentielle. Sous le règne de l’ancien président Mahamadou Issoufou, il était considéré comme un « fidèle parmi les fidèles » de ce dernier, affirment des experts bien informés sur le dispositif sécuritaire nigérien, rapporte Jeune Afrique.

 

Durant le mandat d’Issoufou, la garde présidentielle était particulièrement privilégiée, en raison notamment du souci de se prémunir contre toute tentative de coup d’État, un fléau qui a déjà frappé le pays à quatre reprises depuis son indépendance en 1960. Actuellement, elle compterait environ 700 hommes, bien entraînés et équipés, ainsi qu’une vingtaine de blindés.

 

Lorsque Mahamadou Issoufou a cédé le pouvoir à Mohamed Bazoum en 2021, il a plaidé pour le maintien de la plupart de ses conseillers en matière de sécurité, y compris Tchiani, ce qui complique la gestion de l’armée pour son successeur. En effet, Bazoum doit trouver un équilibre délicat entre la volonté d’affirmer son autorité et le besoin de ne pas brusquer les militaires tout en ménageant les sensibilités d’Issoufou et du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), nous informe Jeune Afrique.

 

Selon des informations obtenues par le magazine, Mohamed Bazoum avait néanmoins décidé d’entreprendre une profonde transformation de l’armée nigérienne en remplaçant le chef d’état-major des armées et le responsable de la gendarmerie nationale en avril 2023. Cette décision aurait suscité la méfiance de nombreux officiers.

 

Finalement, c’est la volonté de Bazoum d’écarter le général Tchiani du commandement de la garde présidentielle qui aurait conduit certains éléments de celle-ci à se retourner contre le président. Pourtant, Bazoum avait personnellement décidé de maintenir Tchiani à son poste en 2022 lorsqu’il devait partir en formation, selon des sources concordantes.

 

Il n’est pas la première fois que le nom du général Tchiani est associé à un coup d’État manqué. En 2015, des soldats arrêtés avaient accusé Tchiani, mais aucune preuve n’a pu être apportée pour étayer ces allégations, et le gradé n’a jamais été officiellement inquiété, relate Jeune Afrique.

 

L’entourage du président nigérien affirme que la majeure partie de l’armée reste loyale à Mohamed Bazoum. Des unités d’élite ont d’ailleurs été envoyées en renfort depuis Tillabéri, Ouallam et Dosso pour contrer la mutinerie.

 

Certains observateurs estiment que cette loyauté envers Bazoum est liée aux mauvaises relations entretenues par le général Tchiani avec la hiérarchie militaire. Certains lui reprochent d’avoir été promu rapidement sous Mahamadou Issoufou, tandis que d’autres l’accusent d’avoir écarté, voire emprisonné, plusieurs officiers au cours de sa carrière, conclut Jeune Afrique.

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