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Togo/ Union de l’opposition : des tractation en cours

Dans cette tribune, trois acteurs politiques – Tchagnao Ouro-Akpo, Jean Kissi et Tchatikpi Ouro-Djikpa – lancent un appel urgent à l’union de toutes les forces de l’opposition pour sauver le Togo. Ils dénoncent la situation de crise dans le pays, aggravée par une dynastie militaire qui détient le pouvoir depuis soixante ans. Les auteurs soulignent le contrôle exercé par une puissante armée ethnique sur le véritable pouvoir politique, créant ainsi un climat de pauvreté et de misère pour la population. Ils estiment que l’unité de l’opposition est essentielle pour mettre fin à ce régime et instaurer une alternance démocratique. La tribune appelle également à la libération des détenus politiques, la fin du harcèlement des journalistes et des chefs coutumiers, ainsi que des mesures pour lutter contre la corruption et assurer une redistribution équitable des richesses nationales. Les auteurs proposent la tenue d’une assise nationale pour discuter des réformes nécessaires pour une transition politique. L’appel conclut en exhortant le peuple togolais à se mobiliser pour sauver le Togo.

 

TRIBUNE PORTANT APPEL DU 17 JUILLET 2023

 

Intitulé : DE LA RESPONSABILITE POLITIQUE OU DE LA NECESSITE POUR L’OPPOSITION DE S’UNIR POUR SAUVER LE TOGO

 

 

 

TCHAGNAOU OURO-AKPO, JEAN KISSI ET TCHATIKPI OURO-DJIKPA

 

Notre pays, le Togo est dans une extrême souffrance. La crise dans laquelle la dynastie militaire qui règne par la terreur sur le peuple depuis soixante ans a plongé notre pays pendant plusieurs décennies, s’aggrave dangereusement au jour le jour.

 

Il ne faut plus se voiler la face, le pouvoir togolais a une organisation militaro ethnique où le vrai pouvoir est détenu par une puissante armée ethnique qui sert de béquille à une dynastie et impose à la structure politique (hier parti unique RPT aujourd’hui pseudo parti démocratique Unir) l’ordre qui gouverne le pays au quotidien.

 

C’est pour maintenir cette plus grosse béquille du pouvoir plus ou moins intacte que depuis le début du processus démocratique, le régime n’a jamais accepté de faire les recrutements de cadres de l’armée par canton ou du moins par préfecture d’origine.

 

Si cela avait été fait, du moins depuis l’arrivée de l’actuel régnant, Monsieur Essozimna GNASSINGBE, le Togo aura aujourd’hui une armée en dynamique républicaine. Mais tel n’est pas le cas et c’est bien dommage pour l’unité de ce pays.

 

Au niveau socio-économique, le Togo est le pays avec le moins d’infrastructures mais qui a le salaire le plus bas de tous ses pays limitrophes. Il est fréquent de parcourir les cours des écoles du Bénin ou du Burkina et d’y trouver, 6, 8 ou 10 véhicules d’enseignants garés dans la cour, chose assez rare au Togo. Que vont devenir dans ces conditions, la centaine de milliers d’étudiants qui sont dans nos universités à la fin de leurs études ?

 

Et pourtant le Togo n’est pas le moins nanti de tous puisque la nature a donné à chaque région une richesse particulière, le phosphate et le clinker à la maritime, les cultures de rente à la région des plateaux, le marbre à la région centrale, le fer à la région de la Kara et le manganèse à la région des savanes.

 

Si malgré cela, les populations sont plongées dans une misère exécrable, c’est parce que tout le système consiste à fabriquer un petit nombre de milliardaires, soit au niveau des régies financières soit dans le secteur privé, à qui il est laissé le loisir de piller les richesses publiques pour s’en servir pour acheter à chaque élection, la conscience d’une partie du peuple affamé volontairement.

 

Que ce soit en 1993 avec ce que Amnistie internationale a qualifié de ‘’stratégie de la terreur’’, en 1998 avec la proclamation militarisée des élections par le Colonel Ministre de l’intérieur à la place de la CEN, en 2003 par des menaces sur Bob Aquitani, en 2005 par un massacre des populations ayant fait plus de 800 morts selon la commission Doudou Dienne, en 2010 avec des manifestations de rue quatre ans durant, en 2015 après un holdup électoral effectué sur instauration d’une peur sur le pays ou encore dernièrement en 2020 par attaque de chars et armes de guerre du domicile du Challenger du parti au pouvoir, son harcèlement judiciaire, des menaces de mort sur lui et son entourage le poussant à l’exil ainsi que le père de la dynamique qui a porté le candidat, toutes les élections au Togo jusqu’à nos jours se sont résumés en un cycle ‘’élections truquées, contestations réprimées dans le sang, dialogues infructueux’’. De sorte que le Togo est le seul pays de notre sous-région à ne jamais avoir connu d’alternance démocratique.

 

La justice étant devenue une menace redoutable contre les politiques, les journalistes et les activistes, nombreux sont contraints à l’exil pour sauver leur peau.

 

A qui la faute ? Le bourreau, ce n’est pas seulement ceux qui, ceintures, matraques, gourdins, armes en main massacrent les populations.

 

Le bourreau, c’est aussi ceux du côté du peuple dont la seule union sincère peut constituer une arme redoutable pour libérer le peuple mais ne le font pas à cause des egos et des ambitions partisanes et même personnelles démesurées.

 

Oui chers nous de l’opposition, nous sommes aussi coupables !

 

Les deux grands retournements de situation que notre pays a connu, notamment le soulèvement du 05 octobre 1990 conduits par le FAR et le COD ainsi que le mouvement du 19 aout 2017 déclenché par le PNP avec un message qui eut dans le pays et au sein de la diaspora, un écho qui a rallié tous les principaux partis d’opposition en la création de la C14 ; tous deux (2) conduisant partout à des mobilisations de Togolais en de gigantesques marches suffisaient pour réaliser l’alternance et le changement si l’opposition n’avait pas été atteinte par le syndrome du ‘’descends, que je monte afin que ce soit mon nom que porte la victoire’’ !

 

Nous, de l’opposition devons faire notre examen de conscience suivi d’acte de contritions internes, enterrer tous nos égos surdimensionnés au vestiaire et nous retrouver dans un seul bloc démocratique pour sauver ce pays.

 

Oui c’est un combat bloc contre bloc, le bloc démocratique contre le bloc conservateur, le Bloc de l’Unité Togolaise contre le Bloc monarchique et clanique.

 

Il y a un minimum qui nous unit de manière inaliénable et que nous devons obtenir ensemble, car il s’agit ni plus ni moins que de nos droits.

 

C’est pourquoi nous lançons ici un appel solennel à toutes les forces vives de se mobiliser pour obtenir :

 

-La libération des détenus politiques par le vote d’une loi d’amnistie générale qui couvre aussi les personnes poursuivies et exilés pour des raisons politiques,

-L’arrêt définitif de tout harcèlement à l’endroit des journalistes, des chefs coutumiers ainsi que la fin des affectations punitives,

-Le retour à la version originale de la loi Bodjona et même le faire avancer pour que les Togolais aussi puissent jouir de ce droit universel de manifester,

-Une charte contre la corruption et pour la redistribution équitable des richesses nationales afin que tous les citoyens et toutes nos localités puissent bénéficier de manière juste des biens de ce pays,

-la tenue d’une assise nationale à l’intérieur de laquelle tous les secteurs de la vie nationale tiennent leurs états généraux dont les conclusions constitueront des propositions de réformes à compiler dans une feuille de route pour une transition.

Peuple togolais de l’intérieur comme de la diaspora, mobilisons-nous tous autour de ces objectifs : Il s’agit de sauver le Togo.

 

Ont signé

 

Tchagnaou OURO-AKPO

 

Jean KISSI

 

Tchatikpi OURO-DJIKPA

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