Actualités

Crise à l’UJIT: les organisations de presse togolaise à l’image des partis politiques

La première fonction attribuée à la presse, la plus évidente, est celle d’informer. Cependant, la presse n’est pas qu’information, elle est aussi un moyen de divertissement, un vecteur de lien social et un procédé de diffusion des idées et des opinions. Ceux qui assument cette mission sont des journalistes qu’Alphonse Karr compare à des avocats. « Les journalistes sont des avocats qui écrivent », a-t-il déclaré. Pour mieux s’organiser et bien faire leur travail, les journalistes se constituent en association ou organisation de presse avec pour objectif de défendre les intérêts de leur corporation. Au Togo, les journalistes, surtout ceux du secteur privé, ne font pas exception à l’idée de se retrouver dans un creuset professionnel. D’où l’existence des organisations telles que : l’Union des journalistes indépendants du Togo (UJIT), le Syndicat des journalistes indépendants du Togo (SYNJIT), l’Association togolaise de presses en ligne (ATOPEL), l’Union des radios et télévisions libres (URATEL), le Conseil national des patrons de presse (CONAPP). La liste est longue

 

 

 

Pour ces organisations, le leitmotiv est la lutte pour la liberté d’expression, mieux l’intérêt commun des professionnels des médias. Mais, force est de constater qu’au sein de ces organisations, les intérêts personnels prévalent et préoccupent au point que des jounalistes véreux se livrent aux coups bas, à la trahison et à l’humiliation de leurs confrères. Ce qui s’est passé à l’Assemblée Générale de l’UJIT organisée, le 06 juillet dernier par le Comité de normalisation, illustre bien le vent d’intérêts qui souffle dans cette corporation.

 

 

 

Tout comme des partis politiques togolais

 

 

 

Les organisations de presse se comportent exactement comme des partis politiques. A leur sein, il y a une bataille féroce de leadership, tout ça à cause des intérêts personnels. La guerre de leadership qui règne au CAR, à l’ANC, à la CPP, à l’UFC reste encore vivace dans la mémoire des Togolais. Dans ces partis politiques, c’est la course pour des postes de responsabilité. Des réseaux d’intérêts se forment entraînant la désunion. C’est le même scénario dans des organisations de presse au Togo. Ce qui s’est passé à l’assemblée générale de l’UJIT présidée par le Comité de normalisation, la semaine dernière, montre clairement la désunion au sein de cette organisation. En rappel, à l’assemblée générale extraordinaire de l’UJIT tenue, le 13 janvier 2023, un Comité de normalisation est porté à la tête de cette organisation en remplacement du Bureau Exécutif légalement élu, mais en fin de mandat pour une soi-disant crise engendrée par son Secrétaire Général d’alors, Pierre Agbanda. On va alors confier à cet organe une mission, celle d’opérer des réformes.*

 

 

Fort de cette mission, ce Comité de normalisation, avec à sa tête M. Guy Mario, va vouloir passer d’une « Union des Journalistes Indépendants du Togo » à une « Union Nationale des Journalistes du Togo ». Mais Guy Mario et ses collaborateurs vont se bruler les doigts. C’est méconnaître le double jeu de certains confrères. En effet, la majorité de ceux qui étaient à l’assemblée générale constitutive du 19 mai 2023, organisée par ce Comité de normalisation pour l’adoption des statuts et règlement intérieur qui devront servir de base à cette Union Nation des Journalistes sont les mêmes à s’aligner derrière le confrère Basile Agboh qui a sorti, le 27 juin 2023, un communiqué exigeant la non dissolution de l’UJIT. Selon nos sources, le Comité de normalisation face à cette difficulté, a tenté de joindre au téléphone ou de rencontrer les manipulateurs qui l’ont mis en place, mais en vain. Ils étaient introuvables ! Est-ce des ordres réçus pour noyer le Comité de normalisation ? La question reste posée. Selon des indiscrétions, le camp de Basile Agboh voit à travers cette réforme qu’opère le Comité de normalisation un désir stratégique de Guy Mario de vouloir « se refaire aux yeux des autorités » en revenant à la tête de cette organisation de Journalistes. Il estime également que les raisons qui sous-tendent le caractère « indépendant » des journalistes de la presse privée sont toujours d’actualité. Pour ce camp, l’UJIT est la plus grande organisation de journalistes du Togo reconnue par la Fédération internationale de journalistes (FIJ), l’Union des journalistes ouest africain (UJAO) et bien d’autres organisations et donc il n’est pas question qu’elle soit dissolue. Même si cela est vrai, il est nécessaire aussi de noter que la vraie raison de cette lutte contre la dissolution de cette organisation est que des journalistes, au nom de l’UJIT, siègent dans des Commissions des sociétés publiques et parapubliques de la place leur permettant ainsi de se faire une santé financière. En passant de l’UJIT à l’UNJT, ils pourraient perdre cet avantage. C’est, au fait, ces intérêts personnels que des journalistes, ne voulant pas perdre, défendaient avec aggrèssivité à l’assemblée générale du 06 juillet dernier au grand malheur du Comité de normalisation qui a finalement vite fait de se ranger. Qu’est-ce qui va alors nous réunir ?, Quelle vision avons-nous pour notre chère corporation ? La question demeure. Vivement qu’on prenne conscience pour redorer l’image de la presse au Togo

 

 

 

Source : La Dépêche

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page