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Togo: Touadéra en stage de longévité au pouvoir à Lomé

Faustin-Archange Touadéra, Président de la République Centrafricaine, était reçu par son homologue togolais le 27 juin 2023 à Lomé. Au cœur des échanges, des sujets d’ordre bilatéral, continental et international, ainsi que l’a annoncé le communiqué conjoint sanctionnant la visite qualifiée « d’amitié et de travail ». D’abord, il a été question de l’excellence des relations d’amitié, de fraternité et de coopération qui unissent leurs deux pays. Les deux hommes ont réaffirmé leur volonté de les renforcer davantage dans l’intérêt commun de leur peuple. Cet intérêt touche plusieurs domaines (économique, commercial, militaire, sécuritaire) qui seront renforcés grâce à « la mise en place d’un cadre juridique de coopération, notamment la création d’une commission mixte de coopération », a indiqué le même communiqué. Ensuite, il s’est agi de plancher sur la réalisation des objectifs de la Zone de Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Mais la situation sécuritaire qui prévaut dans certaines régions du continent s’est également invitée, qu’il s’agisse de l’expansion du terrorisme, de l’extrémisme violent, de la criminalité transnationale organisée ou des trafics illicites d’armes, de drogues et d’êtres humains. Au passage Faustin-Archange Touadéra et son hôte ont invité les belligérants au Soudan et dans l’Est de la République Démocratique du Congo à fumer le calumet de la paix les uns avec les autres.

 

 

Coopération bilatérale comme prétexte idéal

 

 

 

Ce ne sera pas la première fois qu’un Président du continent vient au Togo des Gnassingbé au nom de la sacrosainte volonté de renforcer les « relations d’amitié, de fraternité et de coopération ». Et pas question pour celui qui a « battu » à plate couture son opposant Anicet-Georges Dologuélé au second tour de l’élection présidentielle de 2015-2016 avec 62,7 % des suffrages, de ne pas être à bonne école, cette école qui réussit plus ou moins à ses pairs pour peu qu’ils s’y prennent comme leur hôte de Lomé 2. Le coup du renforcement des relations a tellement été vendu à l’opinion, qu’il ne veut plus rien dire, un prétexte tout trouvé entre boulimiques du pouvoir démocratique pour mieux se retrouver, prendre conseil les uns des autres et se maintenir au pouvoir envers et contre le peuple. Et qui mieux que le « jeune doyen » pour orienter des pairs indélicats qui aimeraient, tous tant qu’ils sont, tourner à leur avantage une constitution qui n’a jamais demandé à être modifiée ? Faustin-Archange Touadéra n’est pas homme à vouloir quitter de sitôt le pouvoir. Ça se voit, ça se sent. Il a des soutiens dans sa cour, notamment en la personne d’un Evariste Ngamana, Premier vice-président de l’Assemblée nationale centrafricaine, qui n’a pas fait mystère de sa volonté de faire changer la Constitution pour les beaux yeux du successeur de Catherine Samba-Pamza. « Une nouvelle Constitution revient à dire que c’est une nouvelle république, et si le Président de la République répond aux critères d’éligibilité, pourquoi pas, c’est un Centrafricain comme tout autre et c’est le peuple centrafricain qui tranchera à travers les urnes », avaitt-il déclaré au micro de Radio

 

 

 

 

France internationale (RFI) le 28 juin dernier. Aucun doute possible sur le fait que Touadéra briguera non seulement un mandat de trop, mais lui et ses thuriféraires agiront de façon à mettre en place une Constitution cousue main, à même d’aider l’intéressé à se maintenir autant que faire se peut au pouvoir. Difficile de ne pas penser au 5 de septembre 2017 au Togo, date où le texte du projet de révision constitutionnelle a été validé en conseil des ministres. Plus tard, en mai 2019, les députés voteront la révision constitutionnelle prévoyant la limitation du nombre de mandats présidentiels, avec pour conséquence la possibilité pour Faure Gnassingbé de se présenter aux scrutins de 2020 et 2025, après trois mandats déjà poussifs. Le peuple togolais avait alors beau ruer dans les brancards, le coup de force a eu lieu. Un numéro malsain qui a fait jurisprudence dans la sous-région : Alassane Ouattara d’abord, puis Alpha Condé ont adopté la méthode Faure, même si elle a beaucoup moins réussi au second. Il n’y a pas jusqu’à Macky Sall qui ne soit tenté aujourd’hui de faire un troisième mandat qui est aussi salutaire aux populations africaines qu’un cafard dans une cuisine. Alors pourquoi pas lui Faustin-Archange Touadéra qui a comme Faure Gnassingbé un boulevard devant lui ? Cet engagement à consolider le partenariat bilatéral dissimule mal la volonté du premier à prendre des cours chez le second.

 

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