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Togo/ Crise à Unir : le grand déballage d’Essossimna Marguerite Gnakadé

« Le mensonge se lève tôt mais la vérité finit toujours par le rattraper ». Cette assertion s’arrime parfaitement à toutes les mesquineries qui meublent la fameuse affaire Marguerite Gnakadé que «des esprits légers» ont jugé utile de monter de toute pièce depuis quelques semaines déjà. Cette affaire qui défraie la chronique semble être finalement du vent que des conspirateurs répandent dans l’esprit des Togolais en vue, manifestement, de nuire à une citoyenne dont la seule faute est de chercher à s’affranchir des carcans du système politique qui régente présentement notre pays. De façon très grossière et sans aucun respect des textes régissant le fonctionnement du mouvement qu’elle a créé en 2019, il a été servi au peuple togolais, le 16 juin dernier, que la Présidente du Mouvement des Jeunes Sans Frontières pour le Développement du Togo (JSFDT), Essossimna Marguerite Gnakadé aurait été exclue au cours d’une Assemblée générale extraordinaire tenue à Lomé. Cette information qui est tombée au sein de l’opinion tel un pavé dans la mare, a été diversement commentée dans la presse et sur les réseaux sociaux. Vertement, Madame Gnakadé est accusée de vouloir transformer son mouvement, qu’elle a pris l’initiative délibérée et volontaire de créer, en un parti politique. Il vous souviendra que dans notre parution du 22 juin 2023 avec le titre « Marguerite Gnakadé victime d’une injustice », nous avions situé le contexte et l’évolution des évènements qui ont conduit à la pseudo exclusion de cette dernière. Malgré ceci, cette affaire continue d’alimenter des débats et laisse beaucoup de Togolais sur leur soif, celle de savoir les vrais motifs de cette crise. Pour satisfaire la curiosité de nos lecteurs, nous avons contacté Madame Essossimna Marguerite Gnakadé. Après des échanges téléphoniques nous avons pu finalement la rencontrer à son domicile. Avec beaucoup de disponibilité et d’ouverture d’esprit, Essossimna Marguerite Gnakadé s’est opportunément prêtée à l’exercice consistant à creuser le tréfonds de cette affaire qui cristallise tant les esprits. Il s’agissait surtout pour nous d’en savoir plus sur la crise au sein de son mouvement, les motifs de son exclusion et ses rapports avec le parti UNIR.

 

 

 

Le grand déballage

 

 

A la question de savoir ce qui s’est réellement passé au sein du mouvement, Essossimna Marguerite Gnakadé change de position dans son fauteuil. D’un air souriant et décontractée, elle amorce l’échange par une phrase choc : « Je vous dis ceci; l’honnêteté est la base de toute chose ». Une manière pour elle de situer l’opinion sur la sincérité, l’objectivité et la vérité qui vont jalonner son propos. « Jeunes Sans Frontière pour le Développement du Togo » est en réalité une initiative, au départ personnelle de Marguerite Gnakadé ; la preuve en est que les premières réunions se tenaient carrément à son domicile. L’objectif qu’elle poursuivait en créant ce mouvement était de regrouper les jeunes de tous bords politiques pour leur participation au développement du pays. Ce qui justifie l’expression « Sans Frontières » dans la dénomination du mouvement. Mais lors de l’adoption des statuts du mouvement, les membres se sont convenus après un long débat, de soutenir les actions du Président de la République tout en gardant leur indépendance. Cette position pourrait être modifiée à tout moment selon les dispositions des statuts et surtout selon les contextes. C’est conformément à cette disposition statutaire que Madame Essossimna Marguerite Gnakadé a suggéré aux membres, lors d’une réunion tenue le 7 mai 2023, de transformer le JSFDT en un mouvement purement social, car les partenaires sociaux et économiques refusent de financer leurs projets estimant que le mouvement est politique. Elle précise que depuis la création de son mouvement les activités sont financées sur fonds propres à travers les cotisations des membres et des dons internes. Le mouvement n’a jamais reçu un financement du parti UNIR, au contraire, il a plutôt été toujours combattu par certains leaders du parti. Il en découle donc que l’immixtion subite du Secrétaire Exécutif du parti UNIR dans les activités du mouvement est une vraie aberration et sans doute une incontestable maladresse.

 

 

 

Elle affirme que depuis la rencontre du 07 mai 2023, date à laquelle les membres du Bureau Exécutif, du conseil de surveillance et les représentants des responsables de zones ont décidé à l’unanimité et conformément aux statuts de la réorientation de JSFDT en une association apolitique, ses membres ont payé le lourd tribut. Ils ont été convoqués au siège du parti UNIR par le Secrétaire Exécutif du parti. Certains ont été gardés de 8h à 16h sous pression de tous ordres, en plus d’être menacés de perdre leur boulot qu’ils soient de la fonction publique ou du privé, s’ils refusent de démettre leur présidente. Malgré toutes ces intimidations et menaces, ces membres sont restés fidèles aux règlements du Mouvement. Madame Gnakadé ne comprend évidemment pas ce qui donne le droit au Secrétaire Exécutif de UNIR de convoquer les membres de son mouvement. Ce que, naturellement, elle dénonce et condamne avec fermeté, car le JSFDT est composé, nous l’avons dit plus haut, de jeunes de tous bords politiques qui ne sauraient se plier aux injonctions d’un dirigeant de parti, fut-il du pouvoir. Ne pouvant plus manipuler les membres actifs du mouvement à exclure leur présidente, ils ont organisé une soi-disant Assemblée Générale extraordinaire avec des membres fictifs, certains totalement inconnus du mouvement luimême. Essossimna Marguerite GNAKADE précise que les membres du Bureau Exécutif et ceux du comité de surveillance chargés de se prononcer sur les sanctions au sein du mouvement n’étaient pas présents à cette Assemblée générale. Elle est donc illégale et toutes les décisions prises n’engagent que les initiateurs qui sont d’ailleurs méconnus des instances du mouvement. Elle affirme par conséquent avec énergie que son « exclusion est nulle et de nul effet » et précise : « Tous ceux qui ont participé à notre exclusion y compris ceux qui prétendent être le nouveau Président et le nouveau Secrétaire Exécutif, ont perdu leur qualité de membres actifs il y a longtemps parce qu’ils ne sont pas en règle avec les cotisations. Ils ont été désactivés de notre fichier et donc nous ne les reconnaissons pas ». Elle dénonce la violence et l’usage de la force par les membres instrumentalisés. « Ils sont même allés défoncer les portes du siège sans savoir que nous avions déjà résilié le contrat du loyer. C’est la preuve qu’ils ne savent rien du fonctionnement du mouvement », a-t-elle ajouté. Madame Essossimna Gnakadé ne compte pas faire un recours devant les tribunaux, mais elle rassure que le mouvement va relancer ses activités très prochainement en restant dans la ligne des recommandations issues de la dernière Assemblée Générale tenue du 4 au 6 juin 2021 à Sotouboua et de la rencontre du 07 mai 2023. « Je suis et je reste Présidente de JSFDT », a-t-elle martelé d’un ton ferme

 

 

 

Le JSFDT ne sera pas transformé en parti politique

 

 

Essossimna Marguerite GNAKADE est restée ferme et rejette l’accusation portée contre elle de vouloir transformer le mouvement JSFDT en un parti politique. « Il ne faut pas faire de l’amalgame. Mon ambition de créer un parti politique n’a rien à voir avec le JSFDT », a-t-elle précisé avant de rappeler que « les membres que nous avons pu contacter dans ce projet peuvent le témoigner. La majorité parmi eux n’est pas membre de JSFDT. » Appel au peuple togolais Essossimna Marguerite GNAKADE se dit préoccupée par la situation du Togo dans tous les domaines et invite les Togolais à l’accompagner dans son projet. « Je lance un appel officiel au peuple togolais à adhérer à mon projet de création d’un parti politique et à se joindre à moi pour concrétiser ce projet, car le Togo mérite mieux que ça ». Et d’ajouter avec un ton ferme : « Je dis NON à tous ceux qui me disent de me taire, ou que je n’ai pas le droit de créer un parti politique parce je suis Kabyè ou parce que j’ai des enfants Gnassingbé ». Je suis aussi une citoyenne togolaise avec tous mes droits Elle précise qu’elle a déjà entamé les démarches administratives auprès du préfet de la Kozah. « J’ai envoyé une lettre au préfet de la Kozah lui demandant de m’établir mon certificat d’origine en vue de créer un parti politique. Je n’ai pas encore reçu de réponse mais ma lettre se retrouve sur les réseaux sociaux. Je le déplore », a-t-elle ajouté. Pour démontrer l’adhésion des Togolais à son projet, Marguerite Gnakadé se lance le défi de réunir les membres fondateurs issus de toutes les préfectures du Togo même si la loi prévoit au moins les 2/3 des préfectures. Son argumentation, gestes et ton prouvent à suffisance qu’elle n’est pas prête à céder à une quelconque pression. Nous vous aurions déjà averti dans notre précédente parution du 29 juin. Mais elle regrette que cette affaire ait pris cette allure en cherchant à l’humilier. Elle ne comprend pas pourquoi UNIR qui se dit un grand parti s’acharne contre sa personne et un petit mouvement. «Je suis citoyenne togolaise avec tous mes droits. En cette qualité, j’ai aussi le devoir d’apporter ma petite pierre à l’édifice de la Nation». Par ailleurs Essossimna Marguerite Gnakadé se demande si ceux qui la pourfendent «n’ont pas autre chose de mieux à faire». En tout cas, cette bassesse ne lui a fait ni chaud ni froid. Affaire à suivre !

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