Opinions

Macky Sall… Un Discours de Violence

 

 

Quinze fois, le mot violence a été utilisé dans le discours de Macky Sall, président du Sénégal. Toutes les quinze fois, c’est avant sa déclaration de renonciation au troisième mandat présidentiel litigieux. C’est donc une violence dont le président sénégalais porte toute la responsabilité, malgré ses détours alambiqués pour se disculper et se parfumer d’innocence et de virginité.

 

À l’adresse de ses concitoyens et d’une Afrique entière tourmentée par le personnage Macky Sall et ses manigances de perversion de la démocratie au Sénégal, le moins que l’on puisse dire est que le discours était attendu.

 

Dos au mur, armé d’un froid cynisme, accusateur de tout le monde sauf lui-même, Macky Sall a passé le temps du discours à se justifier, à incriminer les autres, ses adversaires politiques, ses concitoyens qui ne voulaient vraiment pas de son troisième mandat présidentiel. Il a fini par lâcher le morceau bien enrobé :

 

« En ce qui me concerne, j’ai suivi avec beaucoup d’attention et d’émotion les différentes manifestations de soutien à ma candidature pour un second quinquennat. La dernière étant celle des 512 maires et présidents de conseil départemental sur les 601 que compte notre pays. A cela s’ajoutent les soutiens de la diaspora, de mouvements de jeunes, de femmes, de nos respectés sages, d’enseignants, d’arabisants, de religieux et bien d’autres groupes, tous   déjà prêts   pour mener le combat de ma réélection. A tous ces compatriotes, je voudrais exprimer ma profonde gratitude en réservant une mention spéciale et toute particulière à la coalition BBY, à mon parti l’Alliance Pour la République et à la grande coalition de la majorité présidentielle.

 

Mes cher(e)s compatriotes, ma décision longuement et mûrement réfléchie est de ne pas être candidat à la prochaine élection du 25 février 2024. Et cela, même si   la constitution m’en donne le droit. En effet, depuis la révision constitutionnelle de 2016, le débat juridique a été définitivement tranché par la décision du Conseil Constitutionnel n°1-C-2016 du 12 février 2016.

 

 

Je sais que cette décision surprendra tous ceux et celles nombreux dont je connais l’admiration, la confiance et la fidélité sincères. Elle surprendra aussi ceux et celles qui souhaitent me voir encore guider la construction du pays qui trouve de plus en plus   ses marques. Mais le Sénégal dépasse ma personne et il est rempli de leaders également capables de pousser le pays vers l’émergence.

 

 

On a tant spéculé, commenté sur ma candidature à cette élection. Cependant, Je n’ai jamais voulu être l’otage de cette injonction permanente à parler avant l’heure, car mes priorités portaient surtout sur la gestion d’un pays, d’une équipe gouvernementale cohérente et engagée dans l’action pour l’émergence, surtout dans un contexte socio-économique difficile et incertain.

 

 

Contrairement donc aux rumeurs qui m’attribuaient une nouvelle ambition présidentielle, je voudrais dire que j’ai une claire conscience et mémoire de ce que j’ai dit, écrit et répété ici et ailleurs, c’est-à-dire que le mandat de 2019 était mon second et dernier mandat. C’est cela que j’avais dit et c’est cela que je réaffirme ce soir.  J’ai un profond respect pour les Sénégalais et les Sénégalaises qui m’ont lu et entendu. J’ai un code d’honneur et un sens de la responsabilité historique qui me commandent de préserver ma dignité et ma parole. »

 

 

Cette renonciation est véritablement le prix du sang versé par des Sénégalais pour contenir la démesure de l’ambition de Macky Sall. Sans ce sacrifice, sans cette fermeté citoyenne, jamais Macky Sall n’aurait renoncé au pouvoir.

 

L’homme demeure suspect néanmoins. Il est capable de toutes les entourloupettes pour frelater la démocratie au Sénégal et « sécuriser » son départ du pouvoir. C’est donc un tout autre défi qui commence jusqu’à la Présidentielle en février 2024 et la passation du pouvoir en avril qui suivra.

 

C’est déjà ça… Sur le grill, Macky Sall a cédé, l’Éthique républicaine en moins… C’est bien de cela qu’il est question dans cette Afrique qui change!

 

PSA

4 juillet 2023

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page