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Ferdinand Ayité partage son engagement pour une presse libre au Togo

 

 

Malgré l’exil forcé et l’arrêt temporaire de son journal, Ferdinand Ayité dédie son prix à la presse togolaise et appelle à l’indépendance financière pour garantir la liberté de la presse.

 

Dans une interview exclusive accordée à plumedafrique.tg, Ferdinand Ayité, directeur de publication du bihebdomadaire L’Alternative et lauréat du prix international de la liberté de la presse, exprime à la fois sa fierté et son amertume face à cette distinction. Contraint à l’exil et voyant les membres de sa rédaction obligés de cesser leur travail journalistique, Ayité dédie son prix à l’ensemble de la presse togolaise.

 

Interrogé sur son engagement pour une presse libre au Togo, Ferdinand Ayité affirme qu’il n’est jamais allé trop loin lorsqu’il défendait ses principes et ses valeurs. Ancien président de « SOS Journaliste en danger », il a organisé des manifestations exigeant le retrait de lois et de dispositions jugées liberticides au Togo. Malgré les violences subies et les reculs législatifs, Ayité reste convaincu de la nécessité de défendre la liberté et les principes de la presse. Il est prêt à aller encore plus loin tant que la presse togolaise ne sera pas véritablement libre et indépendante, contribuant ainsi à la consolidation de la démocratie par l’information libre des populations.

 

Concernant l’avenir de son journal, L’Alternative, Ayité explique qu’il a cessé de paraître depuis le mois de mars, mais que cela n’est qu’un répit. Les deux principaux responsables étant actuellement en liberté, il espère relancer les publications une fois que la situation se stabilisera. Il envisage également de redémarrer l’émission « L’autre journal », très suivie par les populations togolaises. Ayité admet que la période actuelle est une zone de turbulence, mais il reste confiant quant à la reprise des activités journalistiques de son journal.

 

En ce qui concerne le prix qu’il vient de remporter, Ferdinand Ayité ne le dédie pas à ses détracteurs, mais à l’ensemble de la presse togolaise. Il souligne la situation préoccupante de la presse audiovisuelle, avec des fondateurs confrontés à des difficultés financières et des journalistes qui peinent à percevoir leurs salaires. De plus, la presse écrite est confrontée à des contraintes financières qui limitent sa périodicité et empêchent certains journaux de paraître. Ayité estime que l’indépendance de la presse dépend avant tout de sa situation financière et appelle ses confrères à se réveiller et à agir pour la consolidation des entreprises de presse solides. Il met en évidence les conséquences dramatiques de la crise financière sur les journalistes, certains étant décédés faute de moyens pour se soigner. Ayité appelle les autorités à soutenir les journalistes et à construire des entreprises de presse solides pour garantir l’avenir des médias togolais.

 

Ferdinand Ayité conclut en soulignant que le pays a besoin de journalistes compétents et indépendants, capables de creuser au cœur des problèmes de la société. Il encourage les journalistes à aller au-delà du simple reportage et à utiliser leurs talents et leur formation pour faire la différence. Ayité rappelle que, dans une ère où les réseaux sociaux permettent à tous les citoyens de s’exprimer, les journalistes formés et outillés doivent se démarquer en allant plus loin dans leurs enquêtes et leurs investigations, contribuant ainsi à la correction des défauts de la société togolaise.

 

L’interview de Ferdinand Ayité met en évidence son engagement sans faille pour la liberté de la presse et son dévouement envers la presse togolaise. Malgré les défis et les obstacles, Ayité reste déterminé à continuer le combat pour une presse libre et indépendante, essentielle à la démocratie et à l’avancement du pays.

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