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Le Togo de Faure, le MCC et la bonne gouvernance

En vue de formaliser la stratégie devant faire bénéficier le Togo des fonds du programme de financement Compact, Alice Albright, Directrice Générale de la Millennium Challenge Corporation (MCC) a rendu visite à Faure Gnassingbé le 20 juin 2023. La Millennium Challenge Corporation (MCC) dont le Togo devait bénéficier fera la part belle non seulement aux nouvelles technologies, mais encore à l’énergie. Kayi Mivedor, ministre chargée de la Promotion de l’investissement, en donne les raisons : « Les problématiques de l’énergie et des technologies de l’information et de la communication, en particulier leur coût, leur qualité et leur accessibilité, sont indéniables et constituent de véritables freins à la croissance de l’économie togolaise.

C’est donc avec raison que les projets retenus par le gouvernement du Togo concernent les secteurs susmentionnés », a-t-elle déclaré lors de la rencontre d’Alice Albright avec le secteur privé togolais le même jour. Suffisant pour gagner le pactole tant lorgné par Lomé 2 ? Tout porte à le croire, étant attendu que les autorités ont su faire des Tics et de l’énergie leur point d’appui devant déboucher sur l’obtention des fonds. Et, à moins d’un miracle – qui ne se produira jamais –, le Togo est bien parti pour rafler la mise. Miser sur les technologies et l’énergie pour obtenir ce fonds de développement bilatéral créé en 2004, d’accord. Mais cela ne fera pourtant pas oublier les exigences requises en matière de bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques, l’un des trois domaines où les pays éligibles doivent performer. Qui dit bonne gouvernance dans la gestion des affaires publiques dit transparence et exemplarité dans les caisses publiques, dit absence de corruption et autres magouilles, dit respect de la vérité des urnes et du jeu démocratique.

Sous ce rapport précisément, le Togo a sur la tête un bonnet d’âne qui d’office le disqualifie dans sa démarche d’obtention desdits fonds. : les élections n’ont jamais été transparentes, l’Etat de droit est une utopie et la gestion des fonds publics est auréolée d’une opacité qui ne dit pas son nom. Le Togo du père et fils n’est donc pas forcément connu pour son exemplarité en fait de démocratie. On a encore à l’esprit les remous suscités par le fameux audit de la Cour des Comptes sur la gestion du covid. Audit qui a fait état d’irrégularités : prestations exécutées en l’absence de contrats ou conventions dûment signés et approuvés par les autorités compétentes, marchés partiellement exécutés mais totalement payés, marchés non réceptionnés malgré l’expiration des délais d’exécution, … La suite donnée à cet audit témoigne de la volonté affichée en haut-lieu de ne pas souffrir quelque contradiction que ce soit. Que dire de toutes ces affaires liées à la réhabilitation de la route Lomé-Vogan-Anfoin et à la gestion des fonds de la Coupe d’Afrique des Nations ? Mais quand on a comme marge de manœuvre des secteurs comme les nouvelles technologies et l’énergie, les questions de gouvernance sont reléguées en dernière position. C’est ainsi.

 

Sodoli KOUDOAGBO

 

LE CORRECTEUR

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