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Le monde scolaire comme il va au Togo

Le ministère chargé de la fonction publique et celui des enseignements ont lancé un concours de recrutement de 4501 enseignants le 21 juin 2023. Ce recrutement vise à renforcer le secteur de l’éducation, et si l’on en croit l’arrêté ministériel, 850 enseignants seront recrutés pour le compte de l’enseignement du préscolaire, 1680 pour le primaire, 824 pour le 1er cycle du secondaire et 676 pour 2ème cycle du secondaire. Il est également annoncé que 471 enseignants seront mis à contribution pour appuyer le personnel de l’enseignement technique et professionnel. Avis donc aux intéressés âgés de 18 à 40 ans. Le dépôt de candidature couvre la période du 26 juin au 28 juillet 2023, et la date des épreuves écrites est fixée au 2 septembre 2023. Voilà une bien bonne nouvelle censée pallier le vide qu’auront laissé les enseignants abusivement exclus, licenciés, révoqués de la fonction publique pour avoir observé des mots d’ordre de grève l’année passée. Au Togo, quand on observe le droit de grève, le grief de manquements graves aux lois et règlements et aux normes d’éthique et de déontologie est vite brandi par le ministère tutelle. Et sans autre forme de procès, on enlève aux vilains petits canards leur gagne-pain.

 

On ne souhaitera pas que l’année académique à venir soit sujette aux grèves d’enseignants réclamant de meilleures conditions de travail, mais à supposer qu’il y ait dans les rangs des enseignants des mouvements d’humeur, l’autorité procédera-t-elle de la même façon qu’il y a un an ? Tout laisse à le penser, puisque malgré les doléances des organisations de la société civile, les enseignants licenciés ne vont pas pouvoir regagner leur poste. Le recrutement tombe à point nommé. Qui parlera de pénurie d’enseignants du moment qu’il y aura recrutement, histoire de colmater les brèches ? Pourquoi se faire du mauvais sang du moment que le ministère des enseignements primaire, secondaire, technique et de l’artisanat peut faire miroiter le poste des licenciés aux nouveaux venus ? Faire taire les voix discordantes, brandir la menace du licenciement, et en fin d’année lancer un recrutement. C’est la recette qui marche sous nos cieux. Circulez, il n’y a rien à voir.

 

 

LE CORRECTEUR

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