Actualités

Togo : Laurent Kpogo, militant de l’ANC, libéré après 10 ans de détention

Le 8 juin 2023, après une décennie derrière les barreaux, Laurent Kpogo, militant de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), a été libéré de prison. Son arrestation remontait à 2013, et depuis lors, sa détention a été marquée par des interrogations sur les charges qui pesaient contre lui. Cet article mettra en lumière les circonstances entourant son arrestation, la longue période de détention et les appels à sa libération.

 

Laurent Kpogo, conducteur de taxi-moto à l’époque, avait été arrêté lors d’une manifestation de l’opposition au quartier Nyekonakpoè en juin 2013. Les charges portées contre lui étaient relatives à une tentative d’homicide volontaire ou involontaire sur une personne non identifiée. Cependant, Laurent Kpogo n’a jamais été accusé formellement ni présenté devant la justice pour connaître les détails de l’accusation.

 

Au fil des années, son cas a soulevé des interrogations quant à la manière dont il a été traité par le système judiciaire togolais. Les demandes de mise en liberté provisoire ont été systématiquement rejetées, et son dossier semblait avoir disparu des bureaux du parquet général. Les tentatives pour retrouver le dossier et clarifier la situation ont été vaines, et l’absence de transparence a alimenté les soupçons d’abus de pouvoir et d’injustice.

 

La libération de Laurent Kpogo survient après une longue attente et des appels répétés en faveur de sa libération. Des organisations de défense des droits de l’homme, telles que l’inspection générale et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), ont joué un rôle crucial pour faire la lumière sur cette affaire. Leur intervention a contribué à mettre en évidence les failles dans le traitement de Laurent Kpogo par le système judiciaire togolais.

 

La libération de Laurent Kpogo marque un tournant dans cette affaire qui a duré une décennie. Sa détention prolongée sans qu’une culpabilité ne soit établie a soulevé des préoccupations sur le respect des droits fondamentaux au Togo. Les partisans de Kpogo et les défenseurs des droits de l’homme espèrent que cette libération ouvrira la voie à une réévaluation plus large du système judiciaire et à une plus grande protection des droits et libertés des citoyens.

 

Laurent Kpogo, militant de l’ANC, a été libéré après avoir passé 10 ans derrière les barreaux. Son cas a suscité des interrogations quant à la légitimité de son arrestation et à la gestion de son dossier par le système judiciaire togolais. Sa libération est le résultat des efforts déployés par les défenseurs des droits de l’homme et souligne l’importance de garantir le respect des droits fondamentaux pour tous les citoyens. Alors que Laurent Kpogo retrouve enfin sa liberté, son cas servira de rappel de la nécessité de veiller à ce que chaque individu bénéficie d’un traitement équitable devant la justice.

 

 

 

 

 

102- KPOGO Yao Laurent

Menuisier, militant de l’ANC, Yao Laurent KPOGO a été arrêté le vendredi 7 juin 2013 à Lomé, à l’occasion de la sauvage répression d’une marche pacifique appelée par le CST et la Coalition Arc-en-Ciel pour protester, d’une part, contre les arrestations et détentions de responsables et militants de l’opposition dont Abass KABOUA, Olivier AMAH et MANTI, tous arrêtés à l’occasion de l’affaire des incendies criminels des Grands Marchés de Lomé et de Kara. Cette marche pacifique avait, d’autre part, pour objectif d’exiger un dialogue politique avant la tenue des élections législatives envisagées pour cette année 2013.

Mais, étouffée sans ménagement par les forces de l’ordre déployées en grand nombre pour en paralyser la tenue, la marche pacifique devait converger à partir de 6 points de départ en passant sur les principales artères de la capitale jusqu’au point de chute programmé au Palais de Justice de Lomé.

Dans un contexte politique marqué par de forts mécontentements chez les étudiants, les femmes de marchés victimes des incendies criminels de leurs Grands Marchés et une vive tension politique autour de l’organisation d’un processus électoral fortement contesté, bien que très attendu, le pouvoir politique avait peur du succès qu’annonçait d’avance la tenue de cette manifestation.

Surtout qu’après le retentissant succès de précédentes marches pacifiques, les interdictions illégales de deux
marches suivantes ont consacré, coup sur coup, une totale forfaiture des autorités togolaises.

D’abord, lorsque les ministres de l’Administration territoriale, Gilbert BAWARA, et de la Sécurité, Damehane YARK, alors colonel, ont conjointement décrété une première interdiction.

Ensuite, lorsqu’une nouvelle interdiction, désormais générale et permanente, a été décrétée en toute illégalité
pour toute manifestation dans toute la ville de Lomé par le Président de la Délégation Spéciale de la Commune de Lomé, le Contre-amiral Fogan ADEGNON.

Face à cette situation, les organisateurs décident de braver ces interdictions en raison de leur caractère illégal, et le pouvoir réplique par des mesures propres à réprimer le plus brutalement possible l’expression de cette désobéissance civile, se préparant à « donner une leçon » aux partis d’opposition pour les dissuader à l’avenir de toute velléité d’organiser quelque marche pacifique que ce soit.

C’est ainsi que Laurent KPOGO a été arrêté par les forces de l’ordre lors de la violente dispersion des manifestants qui se sont présentés aux points de rassemblement pour le départ de cette marche pacifique maintenue.

Signe particulièrement révélateur de l’ampleur des mesures décrétées pour la sévérité de la répression de cette marche, à l’illégalité de son interdiction scélérate, les autorités ont ajouté d’autres consignes illégales manifestement données aux forces de l’ordre puisque ces dernières ont été jusqu’à violer les domiciles privés en escaladant les clôtures des maisons pour aller y opérer des arrestations de manifestants.

Conduit après son arrestation à la Direction générale de la Police nationale (Sûreté) et ensuite au SRI d’alors, Laurent KPOGO est ensuite déféré à la Prison civile de Lomé le lendemain, 8 juin 2013, sous l’incroyable chef d’accusation d’homicide volontaire d’un agent des forces de l’ordre, ce qu’il n’a cessé de nier catégoriquement car la personne qu’il aurait supposément agressé et qu’il n’a jamais vu est toujours vivante.

Finalement jugé par la Cour d’assise le vendredi 16 juillet 2021 au terme d’une longue saga judiciaire, il est arbitrairement condamné à une peine de 10 ans de prison ferme.

Yao Laurent KPOGO, arbitrairement arrêté et maintenu en détention depuis 9 ans pour sa participation à une marche pacifique ayant fait l’objet d’une interdiction scélérate doit être libéré immédiatement et sans condition au nom du respect des droits et libertés démocratiques, dont le droit de manifestation, arrachés de haute lutte par le peuple togolais depuis le soulèvement populaire du 5 octobre 1990.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page