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Togo/ Carnet noir : Jacob Ahama est mort, hommage à un pilier des médias togolais

 

 

Ce mardi 6 juin 2023 restera gravé en lettres sombres dans l’histoire de la presse togolaise. Un de nos éminents professionnels des médias, Jacob Ahama, animateur d’une émission de radio très écoutée en langue Ewe sur Radio Victoire, nous a quittés.

 

L’annonce de son décès, vers 18 heures, a rapidement envahi les plateformes des réseaux sociaux, devenant la première information partagée. Personne ne voulait y croire, espérant désespérément que cette mauvaise nouvelle soit démentie par un proche. Hélas, ce fut en vain.

 

Qui était Jacob Ahama ? L’émotion est palpable au sein de la branche togolaise de l’Union internationale de la presse francophone (UPF-Togo). Pour cette organisation, il était une figure incontournable de l’animation radio en Ewe, ayant marqué le paysage audiovisuel togolais au cours des deux dernières décennies.

 

Selon l’UPF-Togo, Jacob Ahama faisait partie de ces rares professionnels des médias togolais qui mettaient le professionnalisme au-dessus des avantages matériels. Il était connu pour sa modestie, sa générosité, son dévouement et sa quête incessante de l’excellence. Doté d’un sens inné de l’éclectisme, il faisait partie de ce cercle restreint de confrères et consœurs au Togo qui accordent une importance primordiale au professionnalisme plutôt qu’aux avantages matériels. Sa disparition laisse un vide dans le paysage médiatique togolais, privé d’une étoile qui avait encore tant à apporter dans la poursuite des nombreux chantiers collectifs visant à professionnaliser la presse au Togo.

 

Dans un message, Loïc Lawson, président de l’UPF-Togo, exprime la profonde douleur de l’union face à cette perte et adresse ses condoléances aux familles professionnelle et biologique du défunt.

 

Nous rendons hommage à Jacob Ahama, un professionnel exemplaire et un être humain d’exception, qui restera dans nos cœurs et nos mémoires. Sa contribution inestimable à la presse togolaise et son héritage perdureront, rappelant à tous l’importance du professionnalisme et de l’engagement dans notre métier. Que son âme repose en paix.

 

 

 

 

Jacob AHAMA!

Jacob AHAMA!

Jacob AHAMA !

 

Depuis quelques jours, tu n’es pas intervenu à l’antenne de Victoire FM. Nous auditeurs, l’avons constaté.

 

Les auditeurs pensaient que Jacob voulait se reposer un peu et prendre du recul à la suite de la convocation musclée et de toutes les menaces et intimidations dont lui-même, Radio Victoire et son Directeur général ont été l’objet à la HAAC il a quelques jours.

 

Il lui a été reproché d’avoir reçu en direct à l’antenne un invité qui aurait appelé à l’insurrection et au soulèvement du peuple contre le régime dictatorial, qu’il n’aurait pas su recadrer cet invité dans ses débordements ni l’empêcher de dire des choses qui menaceraient le pouvoir. On a même insulté sa pretendue incompétence à conduire les émissions en direct et son supposé manque de professionnalisme et de rigueur.

 

Jacob AHAMA et son Directeur auraient reconnu les faits, présenté des excuses et se seraient engagés entre autres, à faire un rectificatif et à présenter des excuses à une certaine opinion, prix qu’ils devraient payer pour que la radio ne soit pas fermée mais qu’elle soit mise en demeure.

 

Le vendredi 2 juin, Joachim AGBETIM a été soumis à cet exercice humiliant de hara-kiri digne d’un contorsionniste sur les ondes de Victoire FM.

 

Tous les auditeurs ont suivi les propos d’autocensure que la rédaction de Victoire FM a été sommée de tenir sur la chaîne.

 

Comme quoi, chaque centimètre carré, chaque compartiment de notre pays est mis en coupe réglée, quadrillé et surveilé comme du lait au feu. Chaque mouvement de chaque citoyen dans le pays est scruté et passé au scanner et au crible.

 

Notre pays est redevenu un état policier et une démocrature. Personne ne peut rien dire sans que les dispositions des lois iniques lui soient opposées.

 

Grâce à des juristes véreux, on s’octroie des majorités illégitimes pour se tailler des lois liberticides contre les libertés démocratiques.

 

Tout est encadré par la loi qu’on oppose aux citoyens lorsque cela peut servir à les étouffer.

 

Au même moment, ces mêmes lois semblent ne pas s’imposer aux autres lorsqu’elle ne les arrange pas.

 

Tous les acquis démocratiques conquis de haute lutte pendant la première partie de la transition politique de 1991 sont démontés les uns après les autres, pièce par pièce, pour être progressivement et complètement remplacés par les méthodes d’antan que le peuple togolais avait pourtant rejetées.

 

De quoi Jacob AHAMA a t-il pu souffrir autant sur seulement cinq jours pour qu’il en meurt si promptement en laissant sa famille à la charge du néant, si ce n’est des menaces, d’intimidations, de démoralisation voire d’un possible empoisonnement?

 

Jacob, mieux vaut être pleuré à sa mort pour ses nombreux bienfaits, pour sa bonne moralité et pour son honnêteté intellectuelle irréprochable que d’être moqué et vilipendé pour avoir commis des forfaits publics de son vivant.

 

Tu seras pleuré pour tout le bien que tu as apporté. Personne ne moquera ta mémoire.

 

Va en paix et que ton Créateur et ses anges t’accueillent les bras ouverts.

 

Les auditeurs présentent leurs sincères condoléances à la famille AHAMA, au frère jumeau de Jacob, à sa veuve et à ses orphelins.

 

Ils assurent la direction de Victoire FM de leur indéfectible fidélité aux émissions et animateurs de la radio et l’invitent à trouver très rapidement un successeur plus poignant à Jacob AHAMA pour la conduite des émissions qu’il a laissées.

 

R.I.P.

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