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Armement et terrorisme : des hélicoptères Mi-35 russes ont été débarqués discrètement à Lomé

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, les hélicoptères Mi-35 russes ont été débarqués discrètement au port de Lomé par le navire russe Lady R. Les services de renseignement américains ne sont pas passés à côté de cette opération, car ils surveillaient de près les mouvements de ce navire qui avait été sanctionné par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département du Trésor américain il y a six mois. Ce même navire avait été publiquement accusé par Washington d’avoir transporté des armes et des munitions sud-africaines destinées à l’armée russe lors d’une escale au Cap un mois plus tard, a révélé Africa Intelligence

 

En réaction, la diplomatie américaine a engagé ces dernières semaines des discussions approfondies avec le gouvernement togolais afin de saper les liens entre Lomé et Moscou. Les États-Unis tentent actuellement de renforcer la coopération sécuritaire avec le pays, qui se limite pour l’instant à la présence ponctuelle de formateurs des forces spéciales dédiées aux opérations en Afrique (Socafrica) assure Africa Intelligence

 

À Lomé, l’ambassadrice américaine Elizabeth Fitzsimmons a également entamé des négociations avec le général Michael Langley, à la tête de l’Africom (le commandement militaire américain pour l’Afrique), afin de mettre en place un plan d’assistance visant à équiper l’armée togolaise. Parmi les propositions figure la possibilité de mettre en œuvre un programme d’Excédent d’Articles de Défense (EDA), qui consisterait en des dons de matériel provenant des stocks de l’US Army, supervisés par la Defense Security Cooperation Agency (DSCA).

 

En parallèle, les autorités togolaises étudient les propositions américaines tout en poursuivant leur rapprochement avec le Royaume-Uni. Si l’adhésion du Togo au Commonwealth, survenue le 25 juin, a été largement médiatisée, le développement du partenariat militaire entre les deux pays est resté discret. Quatre jours avant cette adhésion, le ministre britannique de la Défense, James Heappey, s’était rendu à Lomé. Au cours de sa visite, il avait notamment eu des entretiens avec les hauts responsables de l’armée ainsi qu’avec le ministre de la Sécurité, Damehame Yark, auquel il avait proposé un programme d’assistance militaire. Le ministère de la Défense britannique précise qu’aucun instructeur de l’armée britannique n’a été déployé sur le sol togolais, note Africa Intelligence’

 

Cependant, sur le terrain, une quinzaine de formateurs anglophones spécialisés en tir de précision, en renseignement et en maniement de drones, opèrent discrètement à Lomé, Temedja (centre) et Dapaong (extrême nord). Ils apportent leur soutien aux forces spéciales togolaises ainsi qu’aux détachements du Groupement d’intervention et de lutte antiterroriste (GILAT). Ces formateurs sont d’anciens militaires britanniques et sud-africains détachés par la société de sécurité privée basée à Dubaï, Burnham Global. Cette entreprise était autrefois contrôlée par la firme britannique The Risk Advisory Group (TRAG), avant que l’industriel sud-africain Paramount Group ne prenne une part significative de son capital. En collaboration avec Paramount, Burnham Global a opéré au Mozambique pour former des troupes avant leur déploiement au Cabo Delgado.

 

Malgré nos tentatives de les contacter, la société Burnham Global et la présidence togolaise n’ont pas répondu à nos sollicitations, conclut Africa Intelligence

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