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Décès par empoisonnement de Bertin Agba : piste du règlement de comptes privilégiée

 

 

 

 

La mauvaise nouvelle est tombée le 19 mai. Comme une traînée de poudre, elle s’est très vite répandue. La mort du compatriote Bertin Sow Agba a surpris plus d’un. Alors qu’il était réfugié politique en Afrique du Sud depuis une dizaine d’années, le milliardaire poursuivait ses affaires sans savoir qu’il était toujours dans l’œil du cyclone. C’est dans cette assurance faillible qu’il vivait quand ses ennemis ont décidé de mettre fin à ses jours. Son décès est survenu à la suite d’un malaise abdominale après qu’il a déjeuné dans un restaurant avec ses amis. Compte tenu des circonstances, plusieurs pistes sont avancées. Certains y voient une main politique. D’autres parlent d’un règlement de comptes opéré par ses rivaux dans le monde des affaires

 

 

 

Rien que des inimitiés

 

Le désormais feu Bertin Sow Agba fut un homme d’affaires réputé. Propriétaire de la société de sécurité et de gardiennage OPS, il avait plusieurs immeubles et deux jets privés. Mais ce ressortissant de Kouméa voyait plus loin. C’est ainsi qu’après avoir tiré son épingle du jeu dans des affaires dont celle des armes, il entra en contact avec l’Emirati Abbas al Yousef. Ce dernier déclarait que Bertin Sow Agba l’aurait escroqué de plusieurs milliards en se faisant passer pour le ministre de l’Intérieur du Togo. L’Emirati a saisi les juridictions togolaises pour escroquerie. Interpellé puis détenu par l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) le 7 mars 2011, Bertin Sow Agba fut transféré à la prison civile de Tsévié le 21 mars 2011. Il a demandé la liberté provisoire qui lui a été accordée le 16 avril 2013. C’est grâce à cette mesure qu’il a fui le pays pour l’Afrique du Sud, le 1er juin 2013. Un mandat d’arrêt fut lancé sans succès à son encontre et l’Emirati aurait promis d’en finir avec lui.

 

 

Un règlement de comptes ?

 

L’homme avait des ambitions politiques. Il paraît qu’il lorgnait le fauteuil du Prince. Ce qui fut considéré comme un crime de lèse-majesté. Outre ses velléités politiques, il fut trempé dans des affaires controversées. D’où des acharnements contre sa personne. Ses victimes le cherchaient activement. De plus, en Afrique du Sud, ses affaires prospéraient au point qu’il s’était fait d’innombrables rivaux. Dans ces conditions, sa vie ne tenait qu’à un fil. Ce fil qui fut finalement brisé, le 19 mai dernier. Trois jours avant, il s’était rendu dans un restaurant avec ses amis pour manger. Après le repas, il ressentait des malaises au niveau du ventre. Il fut conduit à l’hôpital. Malgré l’opération chirurgicale, il est passé de vie à trépas à 54 ans. Selon les indiscrétions, il fut victime d’un empoisonnement. Un décès qui montre que l’exil ne suffit pas pour échapper aux détracteurs. Ils peuvent frapper à n’importe quelle distance. Cela sonne comme un message fort envoyé à tous les exilés

 

Que l’âme de l’illustre disparu repose en paix !

 

Source : LA DÉPÊCHE- N°1147 du 24 Mai 2023 (titre changé)

 

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