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Manganèse de  Nayéga: Eviter la malédiction des zones minières !!!

 

Le Togo, dans sa quête pour doubler la part du secteur minier dans son PIB d’ici 2025, mise sur la relance de son secteur des phosphates ainsi que sur l’exploitation de la richesse de son sous-sol en manganèse. Cependant, malgré cette richesse potentielle, les localités minières togolaises restent marginalisées et leurs populations souffrent de conditions de vie précaires. Dans ce contexte, il est essentiel que les autorités togolaises mettent l’accent sur la responsabilité sociale de l’entreprise exploitante, en l’occurrence la Société togolaise de manganèse. Ici nous allons  mettre en lumière la nécessité pour Société togolaise de manganèse de s’impliquer activement dans le développement de la zone et de soulager les populations locales, afin d’éviter la malédiction des zones minières qui, malgré leurs ressources naturelles, continuent à souffrir d’un manque de ressources essentielles.

 

L’accord entre le gouvernement togolais et Keras Resources

 

Dans le cadre de l’accord conclu entre le gouvernement togolais et Keras Resources, la société britannique a renoncé à l’obtention d’un permis d’exploitation pour le projet de manganèse Nayéga. À la place, le permis sera attribué à la Société togolaise de manganèse, une entreprise créée récemment et détenue entièrement par l’État togolais. Cette décision montre l’engagement du gouvernement à reprendre le contrôle de l’exploitation des ressources minérales du pays et à favoriser la participation locale.

 

Un aspect important de l’accord entre le gouvernement togolais et Keras Resources est le transfert des connaissances intellectuelles de l’entreprise britannique à l’État togolais. Après plusieurs années de présence sur le projet Nayéga, Keras Resources s’engage à partager ses connaissances et son expertise avec l’État afin d’accélérer le développement de Nayéga. Ce transfert de connaissances est essentiel pour renforcer les capacités locales et permettre au Togo de devenir autonome dans

 

L’accord entre le gouvernement togolais et Keras Resources comprend également des modalités financières spécifiques. En échange de sa renonciation au permis d’exploitation, Keras Resources recevra une somme de 1,7 million de dollars en espèces le 17 juillet 2023. De plus, l’entreprise britannique aura droit à 1,5 % sur les revenus bruts générés par la mine pour ses services de conseil pendant une période de 3 ans. En ce qui concerne les services de courtage, Keras Resources recevra 6 % des revenus bruts générés par l’actif pendant 3 ans, ou l’équivalent de 900 000 tonnes de minerai de manganèse enrichi produites et vendues à partir de la mine. Ces modalités financières sont conçues pour récompenser Keras Resources pour son investissement initial et encourager sa collaboration continue avec l’État togolais.

En conclusion, l’accord entre le gouvernement togolais et Keras Resources marque un tournant important dans l’exploitation des ressources minérales au Togo. L’attribution du permis d’exploitation à la Société togolaise de manganèse renforce la participation locale et permet au gouvernement de mieux contrôler l’exploitation des ressources du pays. Le transfert des connaissances intellectuelles de Keras Resources contribue au renforcement des capacités locales, tandis que les modalités financières de l’accord récompensent l’entreprise britannique pour son investissement tout en favorisant une collaboration fructueuse avec l’État togolais.

Les objectifs de la Société togolaise de manganèse

La création de la Société togolaise de manganèse en avril dernier témoigne de l’engagement du gouvernement togolais à valoriser les réserves de manganèse du pays. Le Togo possède d’importantes ressources minérales de manganèse, et l’objectif de la société est d’exploiter ces ressources de manière responsable et durable. En valorisant ces réserves, le pays peut tirer profit de ses ressources naturelles et stimuler le développement économique dans la région.

L’un des objectifs clés de la Société togolaise de manganèse, tel que fixé par le gouvernement togolais, est de doubler la part du secteur minier dans le produit intérieur brut (PIB) d’ici 2025. Cette ambition témoigne de la volonté du Togo de diversifier son économie et de réduire sa dépendance vis-à-vis d’autres secteurs. En augmentant la contribution du secteur minier, notamment du manganèse, le pays vise à créer de nouvelles opportunités d’emploi, à attirer des investissements étrangers et à stimuler la croissance économique globale.

Le projet Nayéga représente une opportunité significative pour la Société togolaise de manganèse. Les ressources minérales de Nayéga sont estimées à 13,97 millions de tonnes titrant 12,4 % de manganèse, avec des réserves de minerai de 8,48 millions de tonnes titrant 14 % de manganèse. Cependant, jusqu’à présent, les échéances fixées pour le projet n’ont pas été respectées, et les travaux ont été suspendus en attendant une renégociation des termes pour en tirer davantage de profits.

Le défi majeur pour la Société togolaise de manganèse sera donc de concrétiser le potentiel du projet Nayéga. Cela implique de relancer les travaux d’exploitation, d’atteindre une capacité nominale mensuelle de 6 500 tonnes de minerai commercialisable et de respecter les délais fixés. Pour y parvenir, la société devra mobiliser les ressources nécessaires, renforcer les partenariats stratégiques et mettre en place des mesures efficaces de gestion et de supervision du projet.

Les objectifs de la Société togolaise de manganèse sont axés sur la valorisation des réserves de manganèse du pays, la diversification de l’économie et la réalisation de la vision gouvernementale de doubler la part du secteur minier dans le PIB d’ici 2025. Cependant, la concrétisation de ces objectifs dépendra en grande partie de la capacité de la société à relever le défi du projet Nayéga et à exploiter pleinement son potentiel minier. Cela nécessitera un engagement continu, des efforts de développement et une gestion efficace de la part de la Société togolaise

 

Les enjeux du secteur du manganèse au Togo

Dans la région où se trouve le projet Nayéga, les populations locales sont confrontées à un manque criant d’eau potable. Cette situation est préoccupante et affecte directement la qualité de vie des habitants. Les infrastructures d’eau existantes sont souvent vétustes et ne fonctionnent plus correctement, ce qui limite l’accès à l’eau potable. Cette pénurie d’eau a des conséquences néfastes sur la santé des habitants, entraînant des problèmes tels que des maladies diarrhéiques et des cas de cécité. Pour assurer le développement durable du secteur du manganèse, il est primordial de mettre en place des mesures visant à améliorer l’accès à l’eau potable pour les populations locales.

Un autre enjeu majeur dans la région est l’absence de marché public. Les populations locales sont contraintes de se déplacer sur de longues distances, notamment vers la ville de Naki-Est, pour mener des activités commerciales. Cette situation représente un obstacle important au développement économique local. L’établissement d’un marché public dans la région permettrait de stimuler les échanges commerciaux, de favoriser le développement d’entreprises locales et de créer des opportunités d’emploi pour les habitants. Il est donc crucial de prendre des mesures pour remédier à cette lacune et favoriser un environnement commercial dynamique dans la région.

 

Un autre enjeu majeur est le manque d’infrastructures dans la région, en particulier le pont brisé qui relie Tierougou aux autres quartiers du village. Ce pont est essentiel pour la mobilité des habitants, en particulier des enfants qui doivent traverser une rivière pour se rendre à l’école. Sa détérioration crée des difficultés pour les déplacements quotidiens, rendant l’accès aux services essentiels. Les autorités locales et les parties prenantes doivent accorder une attention particulière à la réhabilitation des infrastructures dans la région afin de faciliter la circulation des personnes et des biens, d’améliorer l’accessibilité et de stimuler le développement socio-économique local. Il est aussi important d’impliquer les autochtones dans l’exploitation du minerai et la construction rapide ses services sociaux de base.

 

Alors que le secteur du manganèse au Togo fait face à de nouveaux enjeux liés à la demande croissante des batteries électriques et à la nécessité de développer l’industrie sidérurgique, il est impératif que Keras Resources  et Société togolaise de manganèse s’engagent  activement dans le développement socio-économique de la région. Cela comprend la résolution des problèmes essentiels tels que l’accès à l’eau potable, la création de marchés locaux et la mise en place d’infrastructures nécessaires. En agissant ainsi, Keras Resources et la Société togolaise de manganèse peuvent  contribuer à éviter la malédiction des zones minières au Togo et permettre aux populations locales de bénéficier pleinement des ressources de leur terre. Il est donc primordial que l’entreprise britannique assume sa responsabilité sociétale et soutienne le développement durable de la région.

Pierre Afanou (Le Tonnerre )

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