Société

Vie chère au Togo : cris de détresse des populations

 

La situation relative à l’inflation et à l’augmentation continue des prix des produits de première nécessité inquiètent les couches sociales qui n’en peuvent plus. Même si la tendance est mondiale, au Togo, les populations émettent davantage des cris de détresse. Ce qui fait réagir l’Eglise catholique, mais aussi les associations des consommateurs qui ne cessent d’appeler à des mesures sociales urgentes du gouvernement.

L’Eglise catholique du Togo tiendra prochainement une rencontre de réflexion sur la vie chère. L’archevêque de Lomé, Mgr Nicodème Barrigah, a dévoilé l’information sur cette rencontre inédite dans le cadre du bulletin diocésain d’information et de formation de l’archidiocèse de Lomé d’avril 2022. L’OCDI et le Conseil pontifical Justice et paix sont à pied d’œuvre pour sa tenue. Mgr Nicodème Barrigah indique que la situation actuelle de la cherté de la vie est préoccupante pour les populations, et donc pour l’église aussi. « En réalité, nous ne sommes pas poussés par des considérations d’ordre politique ou par un désir de revendication. Mais simplement, nous voulons réfléchir avec nos fidèles et nos populations à ce moment assez difficile que nous traversons tous », a clarifié Mgr Barrigah. L’Archevêque de Lomé note qu’il n’est pas question de rester insensible à la voix de « ses fils et filles » qui vivent dans un contexte de plus en plus précaire. « Nous n’avons pas de solutions miracles à apporter mais nous ne pouvons pas non plus rester comme indifférents à ces cris de détresse que nous entendons de plus en plus », a-til précisé. La rencontre de réflexion devra aboutir à des recommandations qui seront formulées par les participants, avec des pistes de solutions qui seront également proposées.

Les associations des consommateurs donnent de la voix

 

L’Association togolaise des consommateurs (ATC), après avoir proposé des pistes de solution dans un précédent communiqué, prend acte de la décision de suppression de la Taxe sur les véhicules à moteur (TVM) prise par le gouvernement récemment. Mais elle « invite les pouvoirs publics à la prise d’autres initiatives comme mesures d’accompagnement contre la cherté de la vie dans notre pays ». « Le gouvernement a décidé de suspendre, à compter du 11 avril 2022, l’application de la Taxe sur les Véhicules à Moteur (TVM). Cette suspension s’applique aux catégories de véhicules de transport de marchandises et de personnes à usage commercial. Selon le Ministre en charge du secteur des Transports et celui de l’Economie et des Finances, cette mesure vise à atténuer l’impact de l’inflation constatée sur les activités de transports de marchandises et des personnes. Elle s’inscrit également, selon le gouvernement, dans la continuité des actions entreprises pour le pouvoir d’achat des populations », écrit l’ATC. Tout en prenant acte de ladite mesure, l’Association Togolaise des Consommateurs invite les pouvoirs publics à la prise d’autres initiatives comme mesures d’accompagnement contre la cherté de la vie dans notre pays. « La vie chère touche de plus en plus une grande majorité de nos concitoyens déjà affectée par les conséquences de la crise sanitaire liée à la Covid-19 dans certaines localités du pays. C’est dans cette perspective que l’ATC, à l’instar de l’ensemble des consommateurs, lance un appel pressant à l’endroit du gouvernement pour la concrétisation d’autres mesures d’accompagnement contre la vie chère au Togo », précise l’association. Du côté de la Ligue des Consommateurs du Togo, on rappelle qu’à de nombreuses occasions, l’on a recommandé la suspension ou la réduction de certaines taxes (TVM, Taxe d’habitation, frais de péage, tickets des marchés, etc.). Elle réitère les mesures urgentes à prendre pour soulager les consommateurs. « Dans le contexte actuel, le gouvernement doit procéder à l’établissement d’un listing des produits de forte consommation dont les prix doivent être plafonnés afin d’éviter des spéculations aussi bien au niveau des grossistes que des détaillants. Pour la disponibilité et la diminution des prix des céréales, l’ANSAT doit mettre sur les marchés ses stocks disponibles en attendant qu’elle soit réformée pour une meilleure prise en charge des enjeux de son existence. Le quotidien est difficile et complique davantage la quiétude et l’équilibre de plusieurs ménages », indique la LCT dans son communiqué. Suite à la hausse récente des prix des produits pétroliers à la pompe, le gouvernement a promis des mesures sociales qui se font toujours attendre.

 

La Nouvelle TRIBUNE / jeudi 14 avril 2022

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